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Jouy-aux-Arches
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Bien visible de nos jours à Jouy-aux-Arches et à Ars-sur-Moselle, l'aqueduc antique de Gorze à Metz a été vraisemblablement construit dés la première moitié du IIème siècle et rentre dans la continuité des grands monuments de la vie publique messine édifiés suite à l'enrichissement de la cité et de certains de ses habitants au début du Haut-Empire. Le besoin de disposer d' eau à volonté a sans doute dû se faire sentir suite à l'augmentation du nombre des thermes publics et privés, des fontaines, et du besoin domestique sans cesse croissant d'une ville de plus en plus peuplée.
Ce projet de grande ampleur a dû demander de nombreuses années pour être réalisé et beaucoup de donateurs ont dû être nécessaires pour compléter le financement ! On a d' ailleurs conservé de cette époque une dédicace sur la pierre de six généreux participants ( sévirs augustaux ) qui nous laissèrent la preuve de leur contribution. La construction de l' aqueduc développa une activité intense dans la région et de nombreux matériaux furent employés en énorme quantité. Tout ceci demanda également une main-d' oeuvre nombreuse et variée dans tous les corps de métiers, des ouvriers, mais aussi hélas des esclaves .
Tracé de l'aqueduc de Gorze à Metz ( Cliquer sur la carte pour agrandir )
Les ingénieurs romains choisirent la source des "Bouillons de Gorze" comme alimentation principale pour leur grand aqueduc. Le tracé, long de 22 km comportait 3 parties : une conduite souterraine longue de 12,7 km de Gorze ( 206 m ) à Ars-sur-Moselle ( 197 m ) , suivie de la partie aérienne longue de plus de 1,2 km jusqu' à Jouy-aux-Arches ( 193 m ), et une nouvelle partie souterraine de plus de 8 km jusqu' au Sablon (184 m ) et au grand bassin de répartition destiné à alimenter ensuite la ville de Metz .
Les vestiges antiques du captage des eaux de la source des Bouillons de Gorze n' existent plus, mais on peut suivre aisément sur la carte le tracé de la conduite souterraine qui serpente avec une pente régulière d' environ un mètre par kilomètre les courbes du terrain . Une portion de l' ouvrage, mis à jour au bord de la route départementale entre Gorze et Novéant est d' ailleurs parfaitement visible. D' une hauteur intérieure uniforme d' environ 1,60 mètre, la conduite était tapissée d' un enduit d' étanchéité jusqu' à une hauteur d' environ 1 m

Principe général du fonctionnement du pont-aqueduc ( Le nombre des arches y est ici considérablement réduit. )
Cette petite animation, destinée à nous présenter les différents éléments de la partie visible du grand aqueduc nous montre d' abord que la conduite souterraine venant de Gorze débouche prés d'Ars-sur-Moselle dans un genre de bassin de réception en forme de fer à cheval d' environ 9 m sur 7 m. On pense que cet ouvrage de réception avait surtout une fonction de bassin de décantation et de régulation . Le débit de l' aqueduc pouvait y être notamment augmenté comme le prouve la présence d' un conduit acheminant les eaux de la source voisine de Sainte-Fontaine, et le trop plein pouvait être régulé grâce à un canal de dérivation partant vers le nord-est et à un système de vannes.
A la sortie du bassin, l' écoulement vers le pont-aqueduc était assuré par une double canalisation qui se poursuivait ensuite sur cet ouvrage monumental comportant à l' époque plus d' une centaine d' arches étalées sur 1,2 kilomètres et franchissant les bras de la Moselle jusqu' à une hauteur de 30 m. Les vestiges des 7 arches encore visibles actuellement au sud d' Ars-sur-Moselle et construites en petit appareil sont en mauvais état et demandent à être restaurées. Quant aux arches franchissant la rivière, elles ont depuis longtemps disparues suite aux énormes contraintes de la Moselle, des intempéries, et du terrain environnant. Par contre, la partie restaurée des 16 arches traversant de part en part la localité de Jouy-aux-Arches est impressionnante. Les piles carrées mesurent à la base environ 5 m de côté et s'élèvent jusqu' à 23 m de hauteur avec un parement et des impostes bien visibles. Les 2 canalisations de 80 cm de largeur et leur recouvrement qui couraient tout le long du sommet de l' ouvrage ont malheureusement disparues à cet endroit, et l' on pense que leur fonctionnalité résidait dans le fait de pouvoir entretenir un conduit pendant que l' autre était en service, et aussi de faire en sorte de minimiser la fragilité de l' ouvrage, car le débit y était plus important que dans les conduits souterrains et les réparations devaient y être fréquentes.
La sortie du pont-aqueduc débouchait, toujours en double conduite, dans le bassin aval de Jouy-aux-Arches. De forme circulaire et entouré d' un épais mur de 6 m de diamètre, celui-ci abritait un genre de puit de réception d' un diamètre de 2,20 m pour une profondeur d' 1,30 m. Sur le côté nord repartait une nouvelle conduite souterraine qui alimentait la cité de Metz; et à l' opposé de la double canalisation, un conduit amenait un nouveau captage de source. On suppose que le but premier de ce bassin circulaire était de faire tournoyer l' eau et de réduire ainsi la vigueur du courant avant son nouveau départ dans le conduit souterrain. Il paraît évident que les 2 bassins d' Ars-sur-Moselle et de Jouy-aux-Arches devaient être protègés à l' époque par une voûte ou une couverture destinée à les préserver du gel et des intempéries, mais il ne subsiste pratiquement plus aucun vestige d' époque de ces éléments.
Aprés le bassin de Jouy, l' eau pouvait s' écouler tranquillement vers sa destination finale toujours à raison d' une pente d' un mètre par kilomètre. On a pu retrouver le conduit enfoui lors de différents repérages effectués à différents endroits et sur le tracé de l' autoroute A 31. On finit ensuite par perdre sa trace actuelle prés de l' aéroport et des premiers faubourgs de Metz.

Vestiges du pont-aqueduc dans l'état au début du XVIIème siècle - Gravure de Claude Chastillon en 1614 ( musée de Metz )
Différentes photos sur l'aqueduc et ses vestiges. (Cliquer sur les images pour les agrandir)
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